RSS Feed
nov 17

Nouvelle entrevue!

Posté le 2014-11-17 dans Visibilité

Bonjour,

Malgré la petite pause du blog due à mes activités professionnelles, j’ai le plaisir de voir que celui-ci a un impact et intéresse des compatriotes! Ici, je vous mets le lien de mon interview avec le site Excite.

 http://emploi.excite.fr/douce-france-che…

Allez-y, cependant,  je vous mets la retranscription de l’entrevue ici.

Douce France, cher pays de mon enfance | Histoires de Français expatriés

27/10/2014

  • Romain Pierlot

Douce France, Cher pays de mon enfance” chantait Charles Trenet. Pourtant comme des milliers de Français, l’expatriation est désormais une réalité, que ce soit pour des raisons professionnelles ou personnelles. D’après les derniers chiffres publiés, le nombre d’expatriés français a presque doublé en 20 ans.

La tendance est en augmentation et c’est pourquoi Excite voulait rejoindre les citoyens Français du monde entier en leur laissant la parole pour qu’ils nous racontent leurs expériences, leurs sentiments et leur réalité au quotidien. Cela donne une nouvelle rubrique “Les Français du monde” qui vous donne rendez-vous chaque mercredi pour une aventure à l’étranger.

Notre premier invité est Romain Pierlot qui vit au Mexique et que vous pouvez découvrir à travers son blog “Romain ramène sa science au Mexique“.

Qui es-tu et comment était ta vie avant de quitter la France ?
J’ai une formation variée (IUT de biologie, école de commerce double compétence et master 2 de biologie cellulaire). J’ai profité des études pour toucher à beaucoup de choses ayant trait à la biologie et aux sciences de la vie: recherche en laboratoire, financement des entreprises de technologie, publicité… J’avais décidé que ce qui me plaisais était de communiquer sur ce sujet et donc je cherchais un travail en agence de communication ou dans un journal scientifique. La vulgarisation scientifique est ce qui me faisait vraiment envie à cette époque. Le fait d’avoir pu essayer différents contextes grâce aux stages en entreprise m’a permis de savoir avec assez d’assurance ce qui me plaisait.

Qu’est-ce que tu fais actuellement ?
Je suis à l’Université Autonome de Tlaxcala et je travaille sur l’organisation d’un programme d’éducation à la santé et de prévention de l’obésité et des maladies cardiovasculaires dans un lycée rural du centre du Mexique. Aujourd’hui, après 3 ans et demi de travail, nous sommes dans la phase d’analyse de résultats. J’ai également un blog, “Romain ramène sa Science au Mexique”, hébergé par le journal L’Union de Reims qui est au ralenti depuis quelques mois pour des raisons professionnelles mais que je vais reprendre dans les semaines qui viennent.

Pourquoi as-tu quitté la France ?
Mon semestre Erasmus en Finlande m’a plu par ce côté multiculturel et je voulais bouger. De plus, le fait de ne pas trouver un emploi dans ce que je cherchais m’a poussé à tenter ma chance ailleurs.

Pourquoi as-tu choisi le Mexique pour vivre ?
Dans mon école de commerce, j’avais des cours d’espagnols donnés par deux professeures mexicaines et une colombienne. Par la suite, j’avais une collègue de laboratoire argentine lors de mon master 2. Le fait de m’être fait beaucoup d’amis espagnols lors de mon semestre Erasmus et connaître des latino-américains m’a donné envie de chercher quelques pistes en Amérique Latine. Au départ, je visais plutôt l’Argentine, mais une de mes profs d’espagnol mexicaine m’a donné des contacts ici. Après, Mexique ou Argentine, l’Amérique Latine m’attirait et je ne voyais que du positif à profiter de ces contacts mexicains, le Mexique étant un pays qui figurait sur ma short-list.

Tu retournerais vivre en France ?
Oui, sans problème. J’y ai ma famille, des projets et c’est lorsqu’on ne vit plus en France qu’on se rend compte de ses points forts. Et ils sont nombreux.

Qu’est-ce qui te manques le plus de la France ?
C’est bateau mais: ma famille, le fromage et le pain. La nourriture en général est excellente au Mexique mais la gastronomie française est difficile à oublier. Ah, et les bières trappistes aussi! Le climat aussi. Le fait d’avoir des saisons relativement bien marquées (je suis de Reims), d’avoir froid ou chaud et deux garde-robes. Ici, le climat est le même toute l’année. C’est pratique mais un peu ennuyeux.

Et ce qui te manque le moins ?
La mauvaise humeur des gens en général. Et le fait qu’on se plaigne beaucoup chez nous, pour tout, tout le temps et sans proposer de solution.

Raconte nous rapidement ton expérience au Mexique.
Je suis arrivé tout seul, pour faire de la vulgarisation scientifique et pour 3 mois. J’ai aimé le coin et les gens. J’ai rencontré ma future femme, et je suis revenu avec d’autres projets sur du long terme et ça fait près de 4 ans. Aujourd’hui, j’y ai mon fils et on va voir ce qui suit. L’adaptation prend un peu de temps: les horaires flexibles, la tranquillité des gens sur la manière de vivre, le piment… mais une fois qu’on rentre dans le moule, c’est un pays vraiment agréable à vivre. Il faut cependant bien choisir son point de chute et ne pas faire trop attention aux infos. Ensuite, le bon comportement est savoir prendre le meilleur des deux cultures et ne pas se renier. Français je suis né et français je reste. Avec un peu de marbré mexicain maintenant.

Merci Romain !

Lis aussi Trouver un travail à l’étranger : les bons conseils

Si toi aussi tu es un “Français du monde” et que tu veux nous raconter ton expérience, n’hésite pas à nous écrire à info.fr@populis.com en indiquant “Français dans le monde”. Nous serons ravis de raconter ton histoire !

A bientôt!

fév 22

Un coup de cœur!

Posté le 2014-02-22 dans Société, Traditions, Vulgarisation, science

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, nous n’allons pas parler directement du Mexique, mais d’un article scientifique que je trouve original et rafraîchissant.

C’est dans le PLOS One, revue scientifique généraliste en accès libre, que j’ai trouvé cet article, pour vous, c’est ici.

main

Pourquoi des gens aident les autres sans avoir l’assurance de recevoir une aide ou un prix? Voici la question de départ des auteurs. Il existe deux types de contagion de la générosité: la réciprocité généralisée et l’influence d’un tiers. La première nous parle de quelqu’un qui a reçu un acte de générosité et qui le rend à une autre personne, comme pour payer celui qui a été généreux la première fois. La seconde nous parle d’une personne qui a été témoin d’un acte de générosité et qui se comporte de la même manière par la suite, par méconnaissance du comportement adéquat et imitation.

Pour étudier ces phénomènes, les chercheurs ont créé un jeu sur internet. Ils ont utilisé un site existant où sont inscrit des personnes qui cherchent du travail à la tâche et où des entreprises ou des particuliers proposent des travaux ponctuels qui peuvent se faire par des travailleurs indépendant. Les chercheurs proposèrent une tâche: “participer à une investigation”, qui était rémunérée. Les premiers inscrits avaient alors deux choix: recevoir son paiement de base (1 ou 2$) plus un bonus (1$) ou recevoir son paiement de base et utiliser son bonus pour inviter une personne extérieure à participer de manière aléatoire. Ceci avec l’assurance qu’ils faisaient parti d’un groupe de 150 utilisateurs privilégiés.

Lors de son inscription, l’invité avait le choix d’inviter directement une personne extérieure, avec la perte de son bonus associée, et ainsi de suite. La seule différence entre les invitations et la tâche originale étant que sur l’invitation, il était précisé qu’elle avait été envoyée par un tiers. Chaque participant pouvait être donneur ou receveur plusieurs fois et certains recevaient des comptes sur le nombre de donations faites et reçues.

Les résultats de cette investigation montrent que tant l’interaction directe comme l’observation augmentent la probabilité qu’une personne soit généreuse envers un inconnu. Le problème venant lorsque l’observation rend compte d’un grand nombre de comportements généreux et l’observateur considère alors que sa générosité n’est plus utile.

Dans la vie de tous les jours, nous pouvons assister à des expériences pratiques de cette investigation: le Téléthon où beaucoup de personnes donnent, pour participer avec d’autres et après un certain montant ne donnent pas, voyant que la quantité de dons est déjà énorme. Dans le cas des autostoppeurs également, si un conducteur assiste à la montée d’un autostoppeur dans une voiture, il peut être influencé pour faire monter un autre dans la sienne, sauf s’il voit de nombreux comportements identiques, auquel cas il pensera: “si je ne le fait pas, quelqu’un d’autre le fera”.

Je profite de mon blog sur le Mexique pour vous parler de la générosité ici. Beaucoup de gens ont tendance à inviter des inconnus, ou du moins à les recevoir, pour les fêtes de familles ou les fêtes de villages ou simplement pour les aider. Personnellement, je peux confirmer empiriquement les conclusions de cet article dans mon expérience particulière puisque l’aide réciproque et la générosité organisée est un pilier de la vie de tout les jours de nombreux mexicains: des commerçants donnant un peu plus que le client a demandé, offrir son aide pour un travail sans recevoir de salaire…

Certains disent, “moins l’on a, plus on donne”, mais des fois, recevoir est plus important qu’avoir.

A bientôt!

Continuez de me suivre sur twitter, romtlax.

fév 4

Je la ramène aussi à Reims! N°2

Posté le 2014-02-04 dans Vulgarisation, science

Bonjour à tous!

Aujourd’hui, RRSM exceptionnel! Je vous propose le deuxième volet de mes tribulations rémoises, la rencontre avec M. Philippe Simonnet, directeur du Planétarium de Reims depuis 1979.

Cette entrevue est surtout un moyen de rencontrer un acteur majeur de la vulgarisation scientifique rémoise, pionnier dans notre ville, et d’avoir son point de vue sur ce thème, sur son expérience et sur des thèmes variés.

Je remercie beaucoup M. Simonnet pour son accueil chaleureux, sa visite du Planétarium après l’heure de fermeture et sa disponibilité. L’échange a été pour ma part très intéressant et très instructif, je vous laisse découvrir le document, asseyez-vous, prenez un verre d’eau et profitez.

Je remercie également Laura, pour m’avoir accompagné et avoir tenu la caméra!

A bientôt pour un nouvel article!

N’oubliez pas de commenter, si vous avez des questions pour M. Simonnet, posez-les dans les commentaire, je les lui transmets. Ce blog a besoin de vous!

jan 24

Je la ramène aussi à Reims!

Posté le 2014-01-24 dans Vulgarisation, science

Bonjour à tous!

Bonne et joyeuse année!! De retour pour cette année 2014, RRSM commence à prendre de l’âge et c’est toujours avec un réel plaisir que je vous partage ces articles.

Aujourd’hui est un grand jour, une nouvelle série apparaît sur le blog. Profitant d’un passage à Reims pour les fêtes, j’ai décidé de parler de vulgarisation scientifique locale. J’ai donc contacté deux figures importantes de la vulgarisation rémoise pour leur poser quelques questions plutôt personnelles: M. Philippe Simmonet, directeur du Planétarium et le Dr. Gérard Liger-Bélair, chercheur à l’université de Reims, reconnu mondialement pour son travail sur la physique du champagne.

Pour ce premier numéro, le Dr. Gérard Liger-Belair m’a fait l’honneur de répondre à quelques questions sur son parcours de vulgarisateur. Aujourd’hui responsable de l’équipe Effervescence, Champagne et Applications de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (ici le site), dédiée à l’étude des processus liés à la formation et au comportement des bulles et des mousses dans les liquides effervescents, le Dr. Liger-Belair est titulaire d’un doctorat novateur à l’époque, en 2001, portant sur les processus physicochimiques liés à l’effervescence des vins de Champagne. Auteur de nombreux articles et ouvrage universitaires, il collabore régulièrement avec des industriels de l’agroalimentaire sur de nombreux sujets de recherche liés aux propriétés effervescentes des vins de Champagne et des boissons carbonatées en général. Il est également un vulgarisateur reconnu qui participe activement à la diffusion des connaissances et à des opérations de vulgarisation sur son sujet de recherche, au travers d’émissions de télévisions, de radios, et d’articles de presse nationaux et internationaux.

Hubert Raguet

Copyright Hubert Raguet

1) Bonjour Dr Liger-Belair, vous êtes dans un laboratoire qui touche un sujet qui peut avoir un gros impact sur le public, l’effervescence dans le champagne, et vous êtes présents dans différents supports pour présenter vos résultats. Depuis quand vous intéressez-vous à la diffusion de vos découvertes en dehors des réseaux scientifiques?

Très vite, dès le début de ma thèse en 1998, j’ai mesuré l’ampleur de l’intérêt du grand public pour ce travail scientifique autour de l’effervescence des vins de Champagne. J’ai très vite souhaité m’impliquer dans la diffusion des connaissances (via les réseaux traditionnels – -revues scientifiques à destination du grand public – mais aussi au travers d’expositions de photos (le sujet produit de magnifiques images. J’ai également été très vite contacté par des éditeurs (américains d’abord, car les revue scientifiques sont avant tout anglo-saxones…)

2) Avez-vous l’impression, dans vos livres ou dans vos passages dans des médias grand public, de faire de la vulgarisation scientifique ou simplement de la diffusion des sciences? Je profite de cette question pour savoir si vous avez une définition du terme vulgarisation scientifique?

La vulgarisation scientifique, selon moi, est la diffusion de connaissances, auprès du plus grand nombre en évitant le jargon scientifique, mais sans trahir la réalité des faits. Il s’agit de simplifier des phénomènes souvent complexes, et de les illustrer tant que possible afin de capter l’attention (bien souvent, une belle image vaut mieux qu’un long discours).

3) Considérez-vous que vous avez assez de latitude de la part de vos responsables ou de la part des institutions telles que le CNRS pour vous dédier à des activités de vulgarisation? Pensez-vous que les chercheurs français s’impliquent assez dans des activités de ce type?

Oui, j’ai toute latitude pour le faire. La présence dans les médias et le rayonnement est un critère qui devient de plus en plus important dans nos activités. Par contre, c’est évidemment une charge de travail supplémentaire, car le travail scientifique ne doit pas en pâtir. Avant de vulgariser un sujet, il faut bien sur valider nos résultats auprès des instances classiques que sont les journaux scientifiques standard, à destination des chercheurs: les revues indexées (NdRRSM: les chercheurs soumettent leurs travaux à des revues qui les valident ou non suite à l’évaluation par des chercheurs du même domaine, c’est le principe de validation par des pairs. Ces revues reçoivent ensuite un indice qui correspond au nombre de fois qu’un article de ce journal a été intégré à un article publié plus tard: si l’indice est élevé, c’est que les articles de ce journal sont de bonne qualité puisqu’ils sont utilisés comme base pour d’autres publications. Ce sont les revues indexées.)

Copyright Christian Paris

Copyright Christian Paris

4) Voudriez-vous vous impliquer plus dans des projets de vulgarisation scientifique? Expositions, conférences…?

Je pense ne pas pouvoir m’impliquer plus. Compte tenu du caractère très médiatique par essence de mon sujet de recherche, je tente de rendre disponible chaque avancée, via un ou plusieurs articles à destination du grand public dans la presse. J’organise également régulièrement des expositions de photographies directement liées à mon thème de recherche. Je donne également une vingtaine de conférences par an auprès d’un public non scientifique – voir par exemple cette conférence TEDx qui s’est tenue à Reims en novembre 2013:

5) La vulgarisation scientifique étant un moyen d’intéresser le grand public à la science, auriez-vous 3 parutions à recommander pour s’intéresser à votre domaine de recherche: livres spécialisés, revues, livres de fiction… pour des personnes qui n’auraient aucune connaissance préalable ou pour un public jeune?

Voici 3 publications (2 ouvrages et un article) récentes relatives à ce travail, et accessible au plus grand nombre, je pense:
http://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/physique-chimie/voyage-au-coeur-dune-bulle-de-champagne_9782738127181.php

http://press.princeton.edu/titles/9939.html

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-champagne-l-arome-au-coeur-des-bulles-26188.php

Merci au Dr. Liger-Belair pour sa participation.

N’hésitez pas à commenter, lui poser des questions via le blog, RRSM doit être plus vivant et ça ne sera que grâce à VOUS!! Merci!

Romain

nov 22

Pour lutter contre l’obésité des politiciens, taxons la corruption !

Posté le 2013-11-22 dans Nourriture, Société

Oeuvre originale de David Toscana, en anglais, dans le New York Times, version traduite disponible grâce à Courrier International.

NdA: Cet article donne l’avis de l’écrivain et journaliste mexicain David Toscana sur la récente taxe sur les sodas et quelques autres produits ici au Mexique. Comme toujours très sarcastique sur son propre pays, Toscana préfère voir le problème de santé publique d’un autre œil que de celui de la simple politique de santé.

A la fin de mes études, en 1983, j’ai d’abord travaillé chez Coca-Cola. C’était mon premier boulot. La formation a duré un mois, elle était la même pour tout le monde : nous passions toute la journée dans un camion à faire des livraisons, principalement en zone rurale. Nous partions avant l’aube et rentrions au coucher du soleil. Nous livrions des sodas dans des églises et des bordels. Nous allions dans des endroits qui ne figuraient sur aucune carte, où il n’y avait aucune route en dehors des traces que laissaient des camions comme le nôtre. Nous allions là où il n’y avait pas d’hôpitaux, pas d’écoles et parfois même pas d’eau courante.Les autres véhicules que nous doublions sur la route étaient des camions appartenant à Pepsi ou à des fabricants de chips, de cacahuètes salées, de biscuits et autre junk food [malbouffe].

De nos jours, au Mexique, l’un des emplois les plus dangereux consiste à conduire un camion de livraison sur ce que Graham Greene appelait les Routes sans lois [titre d'un récit de voyage au Mexique], où les livreurs se font voler, rançonner, et même tuer.

Le Mexique, pays en surpoids

A partir de la présidence de Felipe Calderón, entre 2006 et 2012, l’Etat fédéral a perdu pied dans la guerre contre les cartels de la drogue et n’est plus parvenu à remplir sa part du contrat social. Il s’est montré incapable d’assurer la sécurité des citoyens et de mettre en œuvre des réformes de l’éducation. Il a laissé carte blanche aux politiciens pour qu’ils s’enrichissent de manière illicite et en tolérant à outrance les monopoles privés. En revanche, l’Etat fédéral a fait preuve d’un vrai courage quand il s’est agi de pressurer le contribuable par de nouvelles taxes.

On a beaucoup parlé notamment de la taxe de 1 peso (6 centimes d’euro) sur chaque litre de boisson sucrée, que notre Congrès a adoptée fin octobre. Cette taxe – qui fait partie d’un ensemble de mesures fiscales, comprenant également une taxe de 8 % sur la junk food – vise à lutter contre l’obésité.

Le Mexique est, selon les classements, le pays le plus en surpoids du monde ou bien le deuxième, derrière les Etats-Unis.

Or il se trouve que nous, les Mexicains, comptons aussi parmi les plus gros consommateurs de sodas. Chaque Mexicain s’en envoie en moyenne un demi-litre par jour, ce qui s’explique notamment par les stratégies de distribution et de marketing pratiquées par les grandes multinationales du secteur, mais aussi parce que les sodas, même s’ils ne sont pas précisément des aliments sains, ont l’avantage (généralement) de ne pas contenir de germes.

Il n’est jamais simple au Mexique de trouver de l’eau potable, pas plus en ville qu’à la campagne. Or les étés y sont longs et chauds. Et la cuisine épicée nécessite souvent l’ingestion de copieuses quantités de liquide.

Le soda moins dangereux que l’eau

D’où la place importante des sodas dans le régime alimentaire mexicain – on notera aussi que les Mexicains figurent parmi les plus gros consommateurs d’eau en bouteille. De ce fait, s’en prendre aux sodas sans proposer de solutions alternatives qui soient bonnes pour la santé (un approvisionnement fiable en eau potable, par exemple) revient à dire, comme Marie-Antoinette suggérant de la brioche aux affamés de la Révolution française : “Qu’ils boivent du vin !”

Résumons : le sucre n’est pas bon pour la santé. Mais il fait bien partie de ce monde, où l’inertie l’emporte sur la raison. Nous savons tous que nous devrions lire davantage, mais nous regardons la télé ; nous devrions faire plus de sport, mais nous finissons dans le canapé du salon ; nous devrions moins polluer, mais nous prenons la voiture pour le moindre de nos déplacements.

De la même façon, nous savons que nous pourrions décontaminer l’eau, la filtrer et la faire bouillir, mais il est tellement plus facile de l’acheter en bouteille – éventuellement additionnée de gaz et de sucres.

Je me rappelle la soif dont j’ai souffert quand j’ai entrepris, en 2006, de traverser le désert du nord du Mexique à vélo. “Tu vas y passer !” m’avaient mis en garde d’autres cyclistes.

Et j’ai bien failli. Quand l’eau vient à manquer et que la température atteint les 45 °C, on se met à méditer sur la vie après la mort, jusqu’au moment où la vie reprend le dessus sous la forme d’une oasis, en l’occurrence une petite épicerie surgissant de nulle part.

Sur le plan culinaire, les trésors qu’elles recelaient étaient douteux – au mieux, un assortiment de sodas, de chips et de biscuits –, assez, toutefois, pour m’hydrater et me nourrir durant mon périple.

La corruption coûte 9% du PIB

Dans le Don Quichotte de Cervantès, le héros rencontre un aubergiste, “gros homme que son embonpoint rendait pacifique”. Si c’était là une vérité universelle, les Mexicains seraient des gens très pacifiques. En tout cas, dans le domaine de l’économie, nous le sommes, pour la plupart. Pour beaucoup d’entre nous, l’argent est une nécessité, non une fin en soi. C’est pourquoi les nouvelles taxes sur les sodas et la junk food ont avant tout suscité l’ire du monde des affaires. Le Mexicain moyen, lui, ne s’en est guère soucié.

Mais si nous sommes pacifiques, nous sommes aussi méfiants.

La taxe sur les boissons non alcoolisées devrait rapporter chaque année 1 milliard de dollars à l’Etat. Ce n’est pas énorme, mais chaque fois que nous entendrons le chuintement d’une bouteille que l’on ouvre et que nous contemplerons notre tour de taille toujours plus ample, nous nous demanderons s’il n’y a pas quelque part un politicien qui se sert de l’argent de nos taxes pour s’acheter une propriété en Floride, au Texas ou en Californie.

Voilà ce que je propose : maintenant que nous avons taxé les sodas, taxons aussi la corruption. Selon le syndicat des patrons mexicains, le coût de la corruption représenterait 9 % de notre production économique (1 200 milliards de dollars). En y appliquant la taxe sur la valeur ajoutée conventionnelle de 16 %, on pourrait récolter 17 milliards de dollars. Si vous pensez qu’une taxe sur les boissons non alcoolisées peut avoir une influence bénéfique sur notre santé, imaginez l’impact qu’aurait une taxe sur la corruption.

Liens des versions originales:

 http://www.nytimes.com/2013/11/04/opinio…;

 

sept 12

De la promo!

Posté le 2013-09-12 dans Non classé

Bonjour,

Un petit mot pour vous faire part d’un article très sympa sur #RRSM, écrit par Dominique, autre blogueur français vivant au Mexique.

 http://www.dominique-arnaud-le-mexique-r…

Vous pourrez voir des compliments sur votre bébé, Romain ramène sa Science!

N’hésitez pas à visiter le reste du site, vous y verrez de jolies photos et un autre point de vue que le mien!

Merci à Dominique, bonne continuation au pays de la tortilla!

Salut!

sept 5

La science au Mexique n°2

Posté le 2013-09-05 dans Vulgarisation, science

Dans ce deuxième numéro de la science au Mexique, nous allons découvrir les propriétés de la chayote. Personnellement, je ne connaissais pas ce nom en France, je le connaissais sous le nom de christophine, mais l’important est que le “tchayoté” (dit avec l’accent espagnol) est un légume originaire du centre du Mexique et possède un certain nombre de propriétés nutritionnelles et matérielles.

chayote

Deux des problèmes sociétaux actuels sont la gestion de la fin des produits à base de pétrole et la conservation de l’environnement; l’étude de Aila-Suarez et al. en 2013, du Centre de Recherche en Science et Technologie des Aliments de l’Université Autonome d’Hidalgo, nous donne une piste pour sortir de ces problèmes.

L’une des molécules d’avenir dans ce combat est l’amidon. De nombreuses recherches tentent de lui faire prendre la place des emballages plastiques grâce à ses propriétés mécaniques. Habituellement, la source d’amidon dans le cadre de ces recherches est la pomme de terre. Composée d’environ 80% de ce sucre complexe, elle en est un réservoir important. A l’Université Autonome de l’état d’Hidalgo, dans le centre du Mexique, des chercheurs ont voulu tester une autre source d’amidon, la chayote. Avec environ 60% de la molécule dans le poids sec, la quantité par plante est moindre mais quand même importante et la production de chayote est relativement grande dans cette région (100452 tonnes par an…), plus que la pomme de terre, culture peu développée.

Donc l’étude se charge de comparer la qualité de films d’amidon de chayote comparé à ceux de pomme de terre avec l’ajout de cellulose simple ou de cellulose sous forme de nanoparticules (autrement dit, en tout petit, tout petit, tout petit, le nanomètre étant un milliardième de mètre, le préfixe nano se met devant un nom lorsque l’objet est très petit). Le film d’amidon tout seul est relativement compliqué à manipuler, pour cela les chercheurs lui mélangent de l’eau et du glycérol pour la souplesse et des fibres naturelles telles que la cellulose pour augmenter sa résistance et son imperméabilité.

Après de nombreux tests d’élasticité, de résistance à la torsion, de perméabilité à la vapeur d’eau, de solubilité dans l’eau et de résistance à la chaleur, les chercheurs ont déterminé que les films d’amidon de chayote, avec l’ajout de nanoparticules de cellulose, ont des propriétés telles qu’ils pourraient être une alternative crédible aux emballages plastiques actuels: des qualités mécanique semblables avec une capacité de dégradation bien plus grande.

Ce type de recherche est importante dans le sens où les jours des matériaux plastiques sont comptés. De plus, une grande caractéristique demandée aux nouveaux matériaux est leur capacité de biodégradation et l’utilisation de fibres naturelle est une alternative très sérieuse aux dérivés de pétrole. Dans le cas de cette recherche, le fait de compter sur un aliment régional permet également de promouvoir la production locale, de relancer certaines industries, de minimiser les coûts de transport et d’importation de matières premières et de baisser la dépendance à certaines zones géographiques favorisées.

A bientôt

Bibliographie:  Aila-Suárez S, Palma-Rodríguez HM, Rodríguez-Hernández AI, Hernández-Uribe JP, Bello-Pérez LA, Vargas-Torres A. Characterization of films made with chayote tuber and potato starches blending with cellulose nanoparticles. Carbohydrate Polymers. oct 2013;98(1):102-€‘107. http://dx.doi.org/10.1016/j.carbpol.2013.05.022

août 15

La science au Mexique, n°1

Posté le 2013-08-15 dans Vulgarisation, science

Bonjour à tous, une série pour la rentrée! La science au Mexique va me permettre de vous exposer des articles scientifiques développés par des laboratoires mexicains pour vous montrer que malgré certaines lacunes, ceux-ci se montrent innovants et productifs dans le monde de la recherche.

Pour ce premier numéro, j’ai décidé de ne pas chercher très loin et je vais vous parler d’un article du laboratoire dans lequel je travaille, le Centro Tlaxcala de Biologia de la Conducta. Ce centre de recherche est spécialisé sur le comportement animal, principalement celui des espèces du parc national La Malinche qui se situe à 30 min de route: lapins, coyotes, lynx et autres espèces de mammifères ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens (dois-je vous rappeler que pour ma part, je m’occupe d’adolescents, on reste donc dans le sujet!).

Cet article est disponible ici pour ceux qui ont un accès autorisé, étudiants, chercheurs…

La régulation de la température est un défi chez les mammifères. Ayant le sang chaud, nous devons être capable de le garder à la température qui nous convient, sous n’importe quelle condition pour continuer à irriguer les organes de manière efficace. Dans le cas de l’être humain, les artifices que sont les vêtements sont le meilleur moyen, mais tous les animaux n’ont pas cette stratégie, la fourrure étant le moyen le plus efficace dans la nature.

Les individus les plus vulnérables dans cette grande famille sont les nouveau-nés et les mammifères hibernants: les premiers sont immatures, ils ne frissonnent pas et n’ont pas de fourrure et les seconds passent une longue période de l’année en inactivité totale, donc dans l’incapacité de réguler sa température de manière raisonnée.

A la naissance, il existe deux types de graisses, généralement on les connaît sous les noms de graisse blanche et graisse brune. La blanche est celle à laquelle tout le monde pense quand on parle de graisse, c’est la réserve d’énergie du corps. Elle se remplit lorsque l’énergie ingérée est supérieure à l’énergie dépensée et à l’inverse, on l’utilise lorsque l’on fait un effort ou lors d’un manque d’approvisionnement.

De son côté, la graisse brune  a un autre destin. Présente surtout chez les mammifères nouveau-nés et chez les hibernants (tiens donc!), elle a pour but de réguler la température du corps chez les animaux qui ne frissonnent pas. On l’appelle graisse brune car sa composition est différente de la graisse blanche et a une couleur foncée. Elle est fortement vascularisée et contient de nombreuses mitochondries, les usines à énergie de l’organisme.

“Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme”

Comme l’a dit le grand physicien Lavoisier, l’énergie se conserve. En temps normal, la mitochondrie produit de l’ATP, adénosine triphosphate, qui est le carburant de l’organisme. Dans la graisse brune, la mitochondrie a un autre rôle. Elle utilise une protéine, UCP-1, pour provoquer une sorte de rouille des graisses ou en termes compliqués on dirait “oxydation des acides gras”. Ce phénomène d’oxydation a un but précis (c’est à ce moment qu’intervient Lavoisier): produire de la chaleur, l’énergie provoquée par cette réaction est dégagée en chaleur. Comme je vous l’ai dit précédemment, la graisse brune étant fortement vascularisée, le sang y passant se réchauffe: CQFD comme disait mon prof de physique, on a réussi à chauffer du sang sans frissonner et sans mettre un anorak!

Dans l’article de A. Bautista, l’idée est d’associer cette utilisation de UCP-1 avec la position des lapins nouveau-nés dans le terrier. Les portées ont un schéma précis d’organisation avec tel individu au centre, tel intermédiaire et tel sur le seuil. Les chercheurs ont donc étudié cette organisation: les lapins au centre sont plus gros, ont une plus grande consommation de lait et sont en contact avec un plus grand nombre de leurs frères et sœurs. De plus, leur température corporelle est plus élevée et est moins dépendante aux baisses de température de l’extérieur. Conformément aux attentes, les chercheurs ont trouvé que les lapins périphériques utilisent beaucoup plus UCP-1.

Donc, en étant rejeté à la périphérie de la portée, le lapin doit dépenser plus d’énergie pour maintenir sa température et pour cela il utilise ses réserves de graisse brune.

Mais la vraie question que se posent les chercheurs dans cet article est de savoir si cette position initiale a une influence sur le développement tardif et sur le comportement de l’individu à l’âge adulte. Dans le cas des lapins à la périphérie, ils imaginent que ceux-ci seraient plus adaptés aux changements de température et plus généralement aux changements d’environnements. De plus, ils seraient plus pro-actifs dans l’âge adulte.

Ces recherches sont intéressantes pour savoir si l’environnement de la gestation et des premiers moments de la vie a une influence sur le comportement et la personnalité. Dans le cas des êtres humains, de nombreuses recherches ont déjà été effectuées sur le nombre de frères et sœurs, sur le placement dans la fratrie et les recherches sur l’impact de l’environnement précoce sont un autre pan important.

A bientôt!

Bibliographie: Amando Bautista, Francisco Castelán, Humberto Pérez-Roldán, Margarita Martínez-Gómez, Robyn Hudson, Competition in newborn rabbits for thermally advantageous positions in the litter huddle is associated with individual differences in brown fat metabolism, Physiology & Behavior, Volume 118, 13 June 2013, Pages 189-194, ISSN 0031-9384, http://dx.doi.org/10.1016/j.physbeh.2013…

août 15

Entrevue par Gaby & Romain

Posté le 2013-08-15 dans Balade, Général, Visibilité

Pour preuve que ce blog se lit, Gaby et Romain qui s’apprêtent à voyager en Amérique Latine m’ont proposé une entrevue.

Disponible ici, chez eux. Mais revenez après!

juil 9

Parlons boulot: La féria d’Ixtenco!

Posté le 2013-07-09 dans Société, Travail

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un travail que j’aime particulièrement. Dans le cadre de mon projet, qui je vous le rappelle est un projet d’éducation en santé dans un lycée de la communauté indigène d’Ixtenco, je participe à un programme de vulgarisation scientifique du CTBC, le centre de recherche dans lequel je travaille. Ce  programme s’appelle “Los Tesoros de la Malinche” (Les trésors de la Malinche) et présente les différentes recherches effectuées au CTBC. Jusqu’il y a peu, les tesoros ne présentaient que des champs d’investigation ayant trait à l’écologie et au comportement animal: un poste sur les mammifères, un sur les reptiles et amphibiens, un sur les champignons, un sur les oiseaux… Aujourd’hui, et depuis mon arrivée et le début de “Vive Saludable” nous avons la chance de pouvoir faire partie de ce petit groupe.

Stand Vive Saludable

Dès lors, los tesoros se présentent dans les villages qui le demandent, dans les écoles ou dans toute communauté qui en fait la demande. Profitant de la Feria d’Ixtenco, nous sommes allé présenter le projet dans la salle commune de la mairie les 20 et 21 juin.

Pas droit au chips!

Pour ma deuxième féria d’Ixtenco et quelques autres ateliers de temps en temps, je commence à avoir un peu d’expérience et du matériel déjà prêt. Un mémorama, des puzzles et des fruits et légumes à colorier faisaient partie de nos premières fois. Cette fois-ci, j’ai décidé d’innover.

Faites du sport

L’atelier “Vive Saludable” comportait deux phases: une première de présentation de l’activité physique grâce à un vélo d’appartement et toute la théorie qui va avec et la deuxième, à base de nutrition: puzzles, mémorama, loterie et un jeu de questions-réponses. Pour ceux qui montaient sur le vélo ou ceux qui gagnaient les jeux, les prix étaient des oranges et des verres d’eau.

Nous avons reçu sur deux jours des groupes de l’école primaire et du collège d’Ixtenco.

Ce travail de vulgarisation scientifique est vraiment un plaisir, surtout si les jeunes répondent présent. Dans notre cas, même si les groupes de collège sont vraiment difficiles à manœuvrer, il y a toujours quelques jeunes qui trouvent un intérêt à notre travail.

J’ai également profité de ces ateliers pour distribuer aux professeurs la copie d’une page de journal dont le titre est “Le Coca Cola, même effet que l’héroïne” qui parle du mécanisme d’action de l’addiction au Coca pour l’afficher dans leurs classes.

Le dimanche précédent, le 16 juin, j’ai envoyé mes équipes participer au défilé de Féria. Ce défilé présente les différentes associations d’Ixtenco: sport, jeux, santé, écoles, bandas… tous ceux qui veulent participer s’inscrivent et sont les bienvenus. Pour ma part, j’ai défilé sous la bannière “Vive Saludable” en compagnie des étudiant qui m’aident dans le travail quotidien.  Nous avons imaginé un défilé sous forme de manifestation anti-obésité avec des pancartes portant des messages simples et directs. Nous avons emmené des hula hoop pour faire participer le public. A certains moment, nous invitions les gens à venir faire quelques tours de hula hoop pour se bouger et le prix à gagner était un verre d’eau. L’idée étant d’associer fortement l’activité physique à l’eau.

La voiture du défilé

L’activité à eu pas mal de succès et le public nous a bien suivi, des jeunes comme des plus grands participant au concours.

Toutes ces activités de vulgarisation scientifique, de communication et de présentation public de projet font partie intégrante du travail ici. C’est un côté de mon travail qui me plaît beaucoup, qui demande à être approfondi et dont je profite énormément.

J’espère que cela vous a plu, on se voit bientôt!

PS: j’ai eu l’occasion ce samedi 6 juillet de passer dans une programme de radio pour enfants pour parler de nutrition et de style de vie sain.

Romain