02/02 – Dia de la Candelaria
Bonjour à tous!
Aujourd’hui, je veux vous faire partager une expérience que j’ai eu la chance de vivre ici, à Tlaxcala. Je veux vous parler du 2 février, qui est le jour appelé Dia de la Candelaria, plus ou moins Jour de la Lumière ou des Bougies.
Ce jour est très important dans un pays très catholique. Je ne vous ai pas vraiment parlé des fêtes religieuses pour le moment, mais quelques unes sont importantes et ce 2 février l’est.
Nous sommes donc 40 jours après Noël. Les mexicains se pressent dans les marché pour faire habiller un petit enfant de plâtre connu sous le nom de Niño Dios. Autrement dit, c’est le petit Jésus.
Cette idole a été apportée lors du jour de la posada, le 24 décembre au soir. La posada est la première fête de Noël mexicaine où l’on rejoue l’arrivée de Joseph et Marie recherchant un lieu pour l’enfant. Un groupe de personne chante en dehors de la maison, représentant Joseph demandant refuge, traduction de posada, et un groupe à l’intérieur lui demandant ce qu’il veut et finalement l’accueillant. Le groupe de l’extérieur rentre donc dans la maison en file avec des bougies et portant le petit Jésus jusqu’à la crèche. Cette poupée n’est habillée au mieux que d’un voile. Il va rester sur place jusqu’au 2 février. En cadeau, on s’offre un présent, l’aguinaldo, un petit sac contenant des cacahuètes, une orange et des bonbons.
Ce jour de la candelaria, le parrain du niño dios (pour 3 ans), désigné par le parrain précédent, va au marché acheter un ensemble pour habiller le petit Jésus. Il existe un nombre impressionnant de déguisements: le niño dios médecin, blanc avec un stéthoscope, le niño dios papillon, en orange, le sacré cœur, en rouge et blanc (dont l’enfant doit être vêtu lors de la troisième année de parrainage) ou d’autres. Un fois vêtu de son ensemble, on emmène le bambin à l’église pour y suivre une messe sur le thème de la candelaria. A l’issue de la messe, le prêtre demande à tous les porteurs de bambins de s’approcher au maximum et passe dans le public en bénissant les enfants avec des litres d’eau bénite. Moi-même, pourtant assez peu pratiquant, j’ai eu l’occasion d’être béni dans le mouvement!!
Le prêtre a eu la gentillesse de me donner les 3 raisons de cet évènement: La première, selon lui, est que dans la religion catholique, on considère les femmes comme impures après l’accouchement pendant 40 jours. Cela correspond donc au moment où Marie serait bénie comme redevenant pure. De plus, il m’a parlé du fait de bénir la lumière. Cette fête est également le retour à la lumière après quelques semaines de ténèbres et bien que ce ne soit plus trop en vogue dans la paroisse de Tlaxcala, quelques personnes amènent toujours des cierges à bénir. Enfin, la candelaria est également le moment de bénir les graines en vue des prochaines semences.
On arrive donc à l’église les bras chargés d’un bébé, d’un cierge et d’un rameau, le tout à bénir.
Ce fut une impressionnante expérience pour moi. Au delà du fait d’avoir assisté à une messe pour la première fois depuis quelque temps (hors cérémonies familiales), c’est principalement la ferveur des gens et le symbole qui est très fort pour ceux-ci, qui ne partiront surtout pas avant qu’une seule petite goutte ne les ai touché, eux et leur chargement. De les entendre tous, sans exception, chanter, prier et écouter religieusement (oui, le mot est bien choisi!) l’office, se mettre à genoux et surtout courir jusqu’aux marches de l’autel avec leur bébé dans les bras pour être sûr d’être touchés par le liquide sacré reste un beau moment.
Ce 2 février est également un jour pour manger! Comme la crèpe chez nous, il est un aliment traditionnel de la Candelaria mexicaine: le tamal. C’est une pâte de maïs et de saindoux dans laquelle on introduit au choix poulet, mole, porc, piment (rouge ou vert), sauce… On le cuit ensuite à la vapeur enveloppé dans 2 feuilles de maïs. C’est excellent, quoiqu’un peu gras, mais vraiment excellent!
Je tiens à remercier le prêtre pour m’avoir répondu sur les symboles du Dia de la Candelaria et m’avoir répondu “bien sûr, c’est une jolie exposition, merci” quand je lui ai demandé l’autorisation de publier les photos de l’office. Et merci au public de la messe qui m’a laissé l’occasion de les figer.
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